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Mam'aParis

Nos enfants sous pression

22 Avril 2013 , Rédigé par Mam'aParis Publié dans #Bébé, #Humeur

Nos enfants sous pression

Je me rends compte que l'on met une pression considérable sur la tête de nos enfants.

"Il faudrait qu'il ait fait toutes ses dents à votre mariage"

"Il pleure pour s'endormir"

"Il crie beaucoup"

"Il se raidit souvent"

"Il sourit moins qu'avant"

"Il ne mange pas assez"

"Il n'aime pas être sur le ventre"

En tant que parents on peut entendre 10 fois de suite les mêmes phrases dans la bouche d'amis, famille voire même de la nounou.

En tant que petite maman éponge, j'absorbe tout et je prends pour moi ces remarques qui me mettent une pression terrible. Alors que comme me l'indique si bien l'homme de la maison c'est bien bien souvent pour les autres un moyen de faire la conversation. Aucun jugement ni même négativité, il semblerait qu'il s'agisse juste de montrer un intérêt pour notre bébé.

Alors comment se fait-il que ces petites phrase anodines nous mettent un tel nœud au ventre?

Car elles mettent le doigt sur des choses que nous pensons mais n'avouons pas.

On s'inquiète de tout et de rien. Alors quand on entend tout haut ce qu'on pense tout bas, on flippe. Et si ses pleurs c'était pas normal? Et s'il avait un problème? Sans tomber dans la psychose, demander conseil à un pédiatre permet de relativiser bien des choses. Sauf si on le choisit aussi parano que nous...

Car elles réveillent en nous des angoisses de petite fille.

La quête de la perfection a la dent dure. Quand on avait 8 ans, assise au premier rang en bonne élève, on avait une panoplie de poupées parfaites qui ne pleuraient jamais. On se réveille un jour avec un bébé bien vivant et hurlant et on se demande pourquoi ce n'est pas un petit ange. A nous de revenir à la réalité. Notre enfant aura des défauts, pas la peine de s'angoisser pour si peu. Sinon on n'a pas fini de s'arracher les cheveux pour la crise d'ado à venir!

Car on a une envie de norme pour notre enfant.

Il n'est pas comme le chérubin de la voisine. Il pleure plus que la fille de ma copine. Ok mais lui aura d'autres facilités. Il est nerveux? Certes, mais il est aussi plus tonique. Il crie beaucoup? Peut-être mais au moins lui, il s'exprime. Apprendre à positiver les traits marqués de notre enfant, c'est aussi l'aider pour la suite : se sentir jugé n'aide personne à grandir.

Car on est fatigué.

On réinterprète les petites phrases et on se laisse aller à les teinter de négativité. Parfois il faut juste rationaliser : les amis, la famille, ils l'aiment notre tout petit. Leurs remarques ne visent pas à nous enfoncer, simplement à échanger.

Car on est susceptible

On est du genre à piquer une crise quand notre boss nous balance qu'on a pris du poids pendant une grossesse, à râler pendant 2 heures parce qu'une copine nous dit qu'on a une tête fatiguée. Bon on est un peu susceptible ok, mais c'est pas une raison pour l'être à la place de notre enfant. Prendre tout trop à cœur, ce n'est pas donner le bon exemple. Ne pas attacher trop d'importance à des petits riens lui permettront d'en faire de même et à s'élever au dessus des pressions quotidiennes.

Car nous sommes à l'ère du "tout parfait"

Amusant comme les autres cherchent la perfection pour nous. Notre enfant ne se tient pas droit, pleure beaucoup ou ne fait pas la bise pour dire au revoir et ça nous fait une belle jambe. Nous non plus on n'aimerait pas faire des bisous à des inconnus encore plus si c'est demandé publiquement avec tous les regards braqués sur nous. Mais les autres voudraient que notre bébé soit poli, gentil et leur fasse de grands sourires. Une quête de perfection que les gens s'amusent à mettre sur les enfants, encore malléables. Mais après tout la société fonctionne avec des rituels et pour sociabiliser on ne peut pas y couper. Essayer de dédramatiser est une bonne alternative. Un petit coucou souriant de la main vaut mieux qu'un bisou forcé avec des pleurs.

Parce qu'au fond on le sait, notre enfant va trouver sa place, son rythme. Le monde est peuplé d'adultes bien portants qui n'ont pas été des bébés parfaits.

Et puis si vraiment les remarques sont trop oppressantes, on peut toujours le dire. Un "c'est sa vie" ou "laissons le grandir à son rythme" aura le mérite de faire taire quelques temps les mauvaises langues. Si vraiment on n'en peut plus, dire fuck tout le monde et passer un week-end juste tous les trois, ça marche aussi.

getty images

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Mam'aParis 01/05/2013 22:32

C'est bien d'avoir les deux visions. Quand je suis devenue mère je me suis rappelée de certaines phrases que j'avais dites à d'autres parents. Du coup les deux regards me permettent de relativiser effectivement! Mais je pense qu'il ne faut pas avoir peur de se lancer, en tout cas si on le fait, ce n'est pas grave d'être moins exigent que prévu avec son enfant! Comme le dit Foresti avant on avait des principes, mais ça c'était avant! ;-)

Chaussette&Moustique 01/05/2013 22:24

Très intéressant de voir un peu l'envers du décor quand on n'a pas d'enfants :-) et je me dis qu'inconsciemment, c'est certainement cette peur de ne pas être à la hauteur de ses propres exigencesr qui fait que certains repoussent le grand saut :-)

Mam'aParis 23/04/2013 09:47

Merci! J'en suis ravie. Je pense que s'apercevoir qu'on leur met la pression c'est déjà ça de gagné pour eux ;-)

barbara 22/04/2013 19:48

très bon article, justement hier avec mon homme on se disait que c'est nous qui mettons un peu la pression à notre fils de 5 ans, par rapport au fait de se dépêcher surtout le matin, pour ne pas être en retard à l'école, et en fait on s'est rendus compte qu'on lui demandait des choses qu'a son âge, il a encore bien le temps de mettre en place plus tard ...
enfin voila, ton article a résonné en moi ce soir !! bises et merci