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Mam'aParis

T'as le blues baby par Alessandra Sublet

16 Avril 2013 , Rédigé par Mam'aParis Publié dans #Humeur, #Bébé

T'as le blues baby par Alessandra Sublet

Son livre : à lire ou pas?

Alessandra Sublet est une animatrice fraîche, pimpante et avec un rire loin des standards du métier. Plus naturel, moins forcé.

Il semble pourtant l'avoir été un peu ces derniers temps. Comme elle l'a dit dans la presse, la jolie maman a fait un gros baby blues. Et elle sort un livre pour en parler.

Pourquoi je n'avais pas envie de le lire

Abonnée à Elle je reçois le magazine dans ma boîte aux lettres le vendredi. Cette semaine je vois Alessandra épanouie en une avec sa petite poupée. Je sais qu'elle fait la promo de son livre "t'as le blues baby" et à cette idée mes poils se hérissent. Le mot baby blues en tant que jeune maman je ne peux plus le voir. J'ai été fatiguée, désemparée, parfois triste d'être triste car j'aurais dû être heureuse. Mais je n'aime pas qu'on cache ses sentiments derrière un mot qui voudrait dire qu'on a attrapé une sorte de maladie, de trucs aux hormones, quelque chose d'honteux comme le mot "dépression" ou "cancer" le sont malheureusement dans notre société. Je n'aime pas qu'on me demande frontalement "alors tu l'as fait le baby blues"? Car je pense que l'après est différent pour chacune et ne se résume pas en un mot.

Alessandra a un super métier, de l'argent (elle a dévoilé son salaire il y a peu) et une vie active de personne sans doute privilégiée. Elle a eu le temps d'écrire un livre après avoir accouché : bravo.

Elle a fait le choix d'avoir un enfant, a un papa avec qui partager ses déboires. Un peu comme moi en sorte, la thune en moins.

Quel est donc le besoin de venir nous parler de son baby blues? C'est le sujet à la mode en ce moment de se récrier devant ce qui devait être selon nos ancêtres, un miracle de la nature. En mode Florence Foresti on avoue que c'est pas joli-joli et pas toujours hyper facile. Quelle idée alors de venir nous rabattre les oreilles de "son" baby blues? N'est-ce pas un peu indécent? Comme toutes les mamans qui reprennent après un congé mat' trop court (2mois et demi) Alessandra Sublet avait le vague à l'âme. Mais n'avait-elle pas le choix de reprendre ou non son activité?

Je me dis tout ça avant de lire le magazine. Je me rends compte que moi aussi j'ai dit à qui voulait l'entendre que non, être mère même quand on l'avait ardemment voulu, ce n'était pas facile. J'ai voulu casser le tabou du "tout merveilleux", du silence de grand-mère si pesant qui fait culpabiliser quand on a la larme à l’œil.

Pourquoi j'ai changé d'avis

En parcourant son interview je m'aperçois qu'elle ne se cache pas derrière un mot. Elle ne fait pas mine d'avoir été contaminé malgré elle par cette maladie du siècle. Elle vit, elle essaye, elle n'y arrive pas. Comme beaucoup, elle lutte pour reprendre sa place.

Et que le choix elle ne l'a pas eu. Car en tant que mère je me rends compte à quel point ceci est un non choix : abandonner un temps sa carrière ou continuer. Je ne peux que comprendre son envie de reprendre son travail. Même si pour moi seule la motivation financière comptait, et qu'elle visiblement n'a pas ce problème. Elle, elle est sur le devant de la scène et a travaillé dur pour en arriver là. Son droit est de vouloir tout concilier, d'être parfaite, comme on aimerait toutes l'être. Mais voilà, comme beaucoup de mamans elle frôle le burn out.

Et là, en rentrant du travail, je me surprends à avoir les larmes aux yeux dans le métro quand je lis qu'elle n'a pu s’occuper de sa fille, même plus l'énergie de lui donner son bain et que lors d'un week-end entre potes elle n'avait qu'une envie : s'enfermer dans le noir.

Je n'ai pas vécu exactement ça, mais comme beaucoup de mères je me suis sentie désemparée, fatiguée, incomprise et soulée par l'entourage pourtant bienveillant.

Alors certes Alessandra semble avoir la belle vie, dire qu'elle a le blues peut sembler un peu dans la tendance actuelle du pseudo "je suis comme vous" mais je crois que parfois c'est bien d'entendre que même les plus exposées elles aussi, ont galéré. Elle fustige les Gisèle Bundchen, les mères parfaites, alors qu'on l'aurait facilement mise dans cette catégorie. Elle replace le père dans un vrai rôle, une épaule, un pilier dans ce moment difficile. Et elle a le mérite de (re)dire ce qu'on pense tout bas : mon enfant, mon mec c'est tout ce qui compte, la perfection je m'en tape!

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Mam'aParis 18/04/2013 11:47

Je pense aussi que c'est une question de moyen, et que parfois même quand on les a on se met une autre pression : sociale avec celle de la minceur, du retour rapide à la vie professionnelle etc...

alice 16/04/2013 20:44

Je me souvenais d'avoir lu une interview dans Elle justement où elle disait que son habilleuse lui avait demandé d'enfiler à nouveau un 36 genre 3 semaines après son accouchement, et qu'elle l'avait fait pour ne pas avoir toute la garde robe à changer.
Je m'étais dit que c'était drolement ambitieux comme projet, si proche de l'apres naissance...

Je pense définitvement que Elles et moi, on n'a pas la même vie et pas non plus les mêmes moyens pour la vivre!